alors que l'univers qui l'entourne , il y a peu de temps , décor flamboyant, magnifique...., n'est aujourd'hui plus que de la peinture à l'eau dégoulinant d'un carton mouillé, souillé par les éléments, déchiré, meurtri , aux 4 coins de son existence. ce délabrement général de cette vie ,proche de cet esprit torturé, entraine l'être dans un torpeur, tandis que son âme bouillone dans l'etroitesse du corps, souhaite partir loin de toute cette anarchie générale qui s'empare de tous ceux qu'elle cotoie . La fin de ce monde lui semble tellement proche, elle redoute le dernier souffle de cette vie qui l'a fait grandir, de cet entourage qui l'a fait évoluer. Elle souhaiterai ne plus ressentir ces prémices d'une chute longue et douloureuse dans la pente, devenant bientôt un abysse sans fin, engloutissant, avenir et projets, entrainant bientot une implosion. Laquelle provoquera moultes dommages collatéraux de toute sorte sur les faibles existences se trouvant à proximité, insouciante encore face à la menace grandissante qui les entoure; et seule dressée dans l'obscurité, cette âme , elle, possède la lucidité , elle a mis le pied sans le tunnel, aperçoit la lumière au bout de celui-ci, seulement, la lumière n'est pas celle du soleil, ni celle du paradis, elle n'est pas non plus divine, encore moins multicolore. Glacée et intense, opaque et vitrouse, elle a une paleur profonde, éblouissante et inquiètante, elle s'impose désormais à sa vue comme la destination inévitable. Les issues de secours se sont écroulées sous l'effet du séisme qui sévit à son entrée, sous terrain, sous-jacent, il va bientot ébranler toutes les idées reçues, tous les éléments présentés comme indestructibles, éternels. Ils ne seront plus que ruines et cendres, le destin à choisi de les souffler comme un chateau de cartes.... un coup de dé, surement, en a décidé ainsi, choisissant de condamner cet être et son existence, à jamais au bagne de la souffrance , de la tristesse et de la nostalgie, ouvrant son âme au côté obscur de la force , pour l'éternité exilé du bonheur, voué à l échec continuel.
Ainsi va la vie des hommes, depuis des siècles et des siècles, immuable,éternel recommencement. le temps passe mais rien ne change, on fonce toujours plus vite vers la déchéance suprême, vers ce mur toujours plus haut toujours plus dur, jusqu'à ce que le choc soit assez fort , qu'on soit enfin arrivés à tous y courrir contre au même moment et qu'enfin l'humanité ne soit plus qu'un mauvais souvenir à la surface de cette belle planète . Elle pourra alors enfin se guérir de la plaie qui la rongeait depuis que le singe s'est mis à marcher debout et à ne plus grimper sans les arbres. Depuis que le monde lui est apparu comme sien. Depuis que l'on a plus besoin de cataclysme pour détruire la vie à grande échelle.
La paix n'attend que la fin de notre monde , pour laisser les colombes aterrir sur les branches des arbres.

